Les plantes

Permaculture : pourquoi tout le monde parle de fixateurs d’azote !

Les plantes sont de loin les meilleurs ingénieurs du vivant 😊

Avec plus de 50 millions d’années d’existence au compteur (pour les plantes à fleurs qu’on connait tous)…

… voire plus de 135 millions d’années de survie (pour les plantes type les mousses et les lichens, ces « warriors » sur les poteaux ou les murs, qu’on admire à peine…).

Elles ont su s’adapter à tout car elles façonnent le monde selon leurs besoins

Presque toutes les plantes vivent dans 2 mondes : sous terre (racines), et à la surface de la Terre, comme nous.

Elles piochent dans ces 2 univers différents tous les éléments dont elles ont besoin.

Et s’il manque quelque chose ? Comment font-elles pour « faire leurs courses » ?

Dans les différentes familles de plante, il y a certaines espèces qui ont su déployer une « technique de pêche atmosphérique » remarquable…

C’est la fameuse catégorie des champions : ces plantes « fixatrices d’azote » chères aux permaculteurs !

Mais minute papillon 😊.

Déjà l’azote, c’est quoi ?

C’est un élément chimique présent dans l’atmosphère (à 78% quand même !).

On s’intéresse beaucoup à lui pour de nombreuses utilisations lucratives (industrie, armée, agriculture…).

Agriculture ? Oui, surtout dans les engrais, car l’azote a un autre petit nom : « N ».

Le fameux trio infernal «  N – P –  K »

Trio cher à l’agriculture intensive du tout chimique qui, selon moi, prive le sol de sa multitude de besoins nutritionnels en le mettant sous perfusion avec seulement ces 3 éléments :

N : azote, P : phosphore, K : potassium

Bien sûr, ces 3 éléments sont vitaux pour de belles plantes, mais il ne faut pas pour autant en faire une mono diète !

C’est comme si on forçait nos enfants à n’ingérer que des sucres rapides pour leur croissance

Vous imaginez le résultat… ?

Eh bien pas la peine d’imaginer : on a déjà le résultat sous les yeux en regardant ces champs pleins de N-P-K chimiques, champs monodiètes… privés d’une nourriture variée, saine, naturelle.

Bref, revenons-en à l’azote en soi 😊.

Voici pourquoi toutes les plantes ont besoin d’azote !

Car cet élément permet aux plantes de constituer des protéines, et c’est la base de leur développement.

Plus de protéines = plus de chlorophylle = plus de photosynthèse, et ce qui vous intéresse vous :

= plus de rendement et plus de qualité nutritionnelle.

C’est pourquoi on met souvent des engrais (= riche en azote) pour « booster » la plante.

Mais l’azote est un coquin !

La majorité des éléments qui composent le sol provient d’une lente (très lente) altérations des roches (fer, calcium, zinc, manganèse…).

Sauf l’azote : on l’a vu, il provient de l’atmosphère lui !

(Bon je schématise à fond pour retenir l’idée principale, car il existe différents types d’azote et d’état, sans parler de la minéralisation et tutti quanti…)

C’est donc les plantes qui le « capture » au sol 😉. Mais elles ne le font pas toutes seules…

Bonne nouvelle : plante n’a pas forcément besoin de vous !

Rappelons-nous, elles sont là depuis des millions d’années avant nous…

Donc la plupart ont développé des pactes avec des bactéries dans le sol pour que ces dernières rendent assimilables l’azote atmosphérique aux racines.

Comment savoir si dans votre potager vous avez ces précieuses bactéries ?

C’est pas très sexy, mais si vous voyez ceci, c’est un ULTRA BON SIGNE au jardin :

Si vous déterrez un plant d’haricot par exemple, vous risquez bien de voir ceci :

On appelle cela « nodosité ».

En gros, c’est « l’organe » créé entre les racines et les bactéries, c’est leur intimité !

Je vous conseille de le remettre vite en terre et de vous réjouir.

Mais ce phénomène ne se passe pas forcément avec toutes les plantes !

On sait que les espèces de la famille des légumineuses le font volontiers.

Les fèves, les pois, les haricots…
Mais aussi certains arbustes, et certains arbres !

Et là, vous imaginez bien que c’est le jackpot pour vos rendements

Car le système racinaire d’un arbuste ou d’un arbre, en comparaison à celui d’un légume, c’est juste 10 000 fois plus gros !

Donc 10 000 fois plus d’azote capturé dans le sol

= donc plus de rendement.

Et oui, c’est pour cela que les permaculteurs adorent planter des arbres et arbustes dans leur terrain (entre autres !!).

Ils les adoptent dans leur terrain surtout entre novembre et janvier !

Car l’hiver, c’est la meilleure saison pour planter un arbre ou un arbuste 😊

Le temps pour lui de bien s’enraciner dans son nouvel habitat pour être au taquet au printemps suivant lorsque la sève remontera à la surface. 

Fixateurs d’azote, que pouvez-vous planter ?

Evidemment, je ne peux pas vous donner une liste exhaustive, et je vous recommande comme toujours d’adopter des espèces locales de chez vous.

Mais voici pour vous inspirer :

Plantes fixatrices d’azote Arbustes fixateurs d’azote Arbre fixateur d’azote
Toutes les légumineuses (haricot, fève, féverole, pois…)

Ou anciennes plantes de fourrage en fait !

Dont certaines qui font « couvre-sol » très pratique :

Trèfle blanc ou l’incarnat
Luzerne
Mélilot
Vesce
Lupin
Lotier

etc

Genet
Argousier
caraganaetc
Cognassier
Robinier / Faux-Acacia
Eleagnus
Févier d’Amérique
Aulne
Olivier de bohèmeetc

Bon à savoir pour les curieux

On dit souvent en permaculture qu’il faut planter des associations de plantes avec au moins 1 ou 2 plantes fixatrices d’azote dans les trios plantés.

A ma connaissance, il n’existe aucune preuve scientifique que la plante fixatrice X fournit réellement aux plantes compagnes leur dose d’azote aussi.

En revanche, la plante fixatrice X est autonome en stock d’azote pour elle-même.
Donc elle n’ira pas prendre dans les réserves des autres, si l’on peut dire !

Donc dans tous les cas c’est bénéfique, mais on ne peut pas encore prouver toutes les interactions.
Et pour ceux qui auraient des ressources scientifiques à partager en commentaires de l’article pour toute la communauté, merci par avance

Enfin pour finir cet article, passons à la mise en pratique avec des conseils 😊

Conseils plantation

  • Que ce soit un arbre ou un arbuste,
    (qu’il s’agisse de racines nues, ou pas !)
  • je vous conseille vivement de faire un trou qui fasse en profondeur : 2 fois la taille de la partie sous-terraine de l’arbre. Et 2 fois sa taille en largeur aussi, comme ceci :
  • Et si vous êtes dans une région avec beaucoup de mulots (sans leurs prédateurs naturels !!), vous pouvez toujours tester de « grillager » les racines comme ceci :
    mais jamais avec du plastique, les arbres vivent très mal avec du plastique !
  • Et pas la peine de vous embêter à ajouter du compost dans le trou, la terre initiale décompactée lors du déterrage suffira amplement, après tout, l’arbre devra bien s’adapter chez vous !

Conseils pour faire des économies :

  • Si vous n’êtes pas pressé, vous pouvez vous amuser à faire des boutures d’arbres ou d’arbuste plutôt que d’acheter en pépinière des arbres ou arbustes ayant déjà plusieurs années
  • Les boutures peuvent être récupérées gratuitement chez des proches ou des inconnus (toc toc à la porte « oh le joli jardin, puis-je vous prendre une bouture de 30 cm en échange de la taille gratuite de votre arbuste ? Qui ne tente rien… n’a rien !)
  • Ou acheter très peu chères chez un pépiniériste, il suffit de demander s0il est OK de vous vendre des boutures 😉
  • Dans le cas des boutures, il faudra bien arroser prendre soin de l’arbre ses trois premières années de vie surtout !

>> Voilà pour aujourd’hui, y aurait 1001 autres choses à vous partager encore sur ce sujet, mais j’espère que là vous avez enfin percé le mystère de ces plantes fixatrices miraculeuses pour en bénéficier chez vous ! <<

Pour ceux qui veulent aller plus loin, voici un extrait inédit que je vous propose de télécharger gratuitement. C’est un extrait des revues mensuelles du Club privé de Saine Abondance :

Vous aurez plus de notions concernant le cycle de l’azote et du carbone, car la nature est un gigantesque puzzle, et plus on comprend les interactions, mieux c’est pour votre jardin et pour vous 😉.

Il est temps de prendre soin de vous,
Florence

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4 Commentaires

  • Reply
    Réal
    28 novembre 2019 at 12 h 52 min

    J’ai une plante grasse qui fait des nodules, qui même filent hors du pot par en dessous. Elle fleurit orange. Intéressante à avoir sur une terrasse, en pot.

  • Reply
    Feuvray
    28 novembre 2019 at 13 h 39 min

    Bonjour Florence, je n’avais encore jamais pris le temps d’écrire un commentaire suite à vos articles. Et là aujourd’hui suite à une “formation” avec Jean-Luc de Wachter qui parle de l’élan de joie dans le service pour être au service de la Vie… eh bien je ressens cela dans tout ce que vous transmettez et je vous suis plus que reconnaissante, mon jardin s’améliore de jour en jour.
    Pour le conseil du jour je vais aller mettre des fèves de ce pas et je mettais déjà des feuilles sur mes carrés mais je vais en rajouter une couche!!!!
    Merci, merci merci mille fois de votre générosité et de votre magnifique travail. Je suis inscrite pour le potager en maison et je vais m’y atteler au plus vite !!! Claire

  • Reply
    florence
    29 novembre 2019 at 9 h 13 min

    Merci beaucoup pour vos retours !

    Ma source de motivation c’est justement de vous lire, je suis vraiment émue et reconnaissante quand je lis “je vous suis plus que reconnaissante, mon jardin s’améliore de jour en jour.” Merci beaucoup d’avoir pris le temps d’écrire un commentaire pour la première fois :).

    J’ai hâte de découvrir votre avis sur le nouveau programme “mon jardin d’intérieur”, n’hésitez pas à m’écrire ou à commenter les vidéos de la formation. Il y a une vraie montée pédagogique, les premières vidéos sont donc importantes même si on voudrait parfois brûler certaines étapes (je parle en connaissance de causes haha).

    Très belle journée à vous,
    A vous tous,

    Il est temps de prendre soin de vous,
    Florence

  • Reply
    Marine Sterkendries
    29 novembre 2019 at 9 h 22 min

    Bonjour,
    Après la récolte des salades, je plante du soja (le fameux edamame que l’on mange dans les restaurants japonais) que je laisse pousser sans y toucher, le gel le fait mourir. Au début du printemps, je coupe les plants de soja au collet et je n’arrache pas la plante. La racine donne de l’humus au sol et l’azote des ‘azotobactéries ‘reste dans le sol pour une nouvelle plantation de salades diverses.

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